Journal témoin Acte 1, son histoire

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Pochette de l album

"Tout a commencé, ou devrais je dire recommencer, lorsque la plume pointue de mon bic s est posé tel un avion cherchant sa piste sur les pages à carreaux d’un cahier.

“Salut”, ai je débuté, “Salut, c ‘est moi !”

Au début de l’adolescence, on nous offre, nous filles, notre « journal intime », vous savez de couleur rose avec la clé en plastique et en couverture une lithographie américaine d’un goût douteux…. Hmm quand j’y repense ! Le mien, je le regardais d’un air inquiet en pensant à toutes ces filles à couettes prenant leur premier stylo plume rose de surcroît sentant la fraise , étirant la langue sur le côté de la commissure de leur bouche, écrivant « Richard m’a tendu du pain à la cantine à midi, je me demande si ça veut dire quelque chose, quant à Béatrice, cette morue… » Suite à ce non partage d’intérêt, c’est avec un ballon de basket que j’allais confesser mon bonheur d’être vivante.

Cependant, lorsque cette dite adolescence se prolonge bien au delà de la vingtaine, les maux s’escriment à épingler toutes nos faiblesses , sous l’apparence délicate de : l’Amour. La première gifle !! Vous savez celle qui émanent des étoiles dans le trou noir de notre inconscience. La souffrance par l’amour, l’erreur par la culpabilité de ne pas savoir si prendre et la bonne copine qui te répète : « je te l’avais dit, Richard t’as donné du pain, non pas pour te prendre la main … » La douleur elle, elle s’enfonce en une maladie d’autodérision, jusqu’au toubib qui te rajoute « Vous savez, vous êtes responsables de ce qui vous arrivent ! Et si vous rigoliez un peu moins avec votre santé ? » C’est à cet instant qu’intervient cette envie subite de tout écrire, écrire, écrire pour comprendre, être moins sotte, prendre du recul, faire sa propre connaissance, voir comment ca fonctionne une Clémentine, en vue d’ouvrir sa conscience.

Et puis, il y a le mot pour dire, pour écrire. Ce mot qui a un sens et une cadence, ne vient jamais seul ; il traîne derrière lui une intention, un sens, un geste, un pied qui tapote le sol et pour ma part une mélodie. Alors tout est raison à la mélodie, à l’harmonie, à la ligne de refrain que l’on fredonne à la terrasse d’un café. Tout est objet à la prise de conscience, alors autant que ce soit « joyeusement, joyeusement et s’envoler vers soi … joyeusement ». Ainsi, on décide de le partager, ce journal car on ne doit pas être la seule à avoir envie un moment ou un autre d’être reconnu par ses frères, de danser une valse avec un ou une inconnue, de ne plus perdre d’énergie dans les relations enclines à l’illusion, de ne plus être égoïste pour une planète qui va mal, de faire le point collectivement sur nos excès et notre passé, de cesser de se taper dessus et de reconnaître qu’on est tous différents même si on fonctionne pareil !

Voici donc en musique le premier opus d’un journal qui témoigne de son existence parmi tant d’autres existences. " Clémentine, printemps 2007

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